Projet d'accord en séances de relecture : vers un échec des négociations
- cgtstmicrotours
- 29 avr. 2022
- 3 min de lecture

Les organisations représentatives de l’UES ST France ont été invitées à une séance de relecture d’un nouveau projet d’accord sur le télétravail, le 21 avril 2022.
Une nouvelle séance doit être organisée dans les 15 prochains jours. Le projet proposé demandant beaucoup de précisions.
La délégation CGT, qui a essayé de faire améliorer les dispositifs existants durant les 3 séances de négociation, est sortie inquiète de la séance de relecture de ce texte.
Ce projet d’accord ne comporte aucune réelle garantie, ni avancée pour les salarié.e.s, sauf peut-être le passage à 2 jours par semaine (à condition de travailler 5 jours/semaine, donc excluant les temps partiels) et la fourniture du matériel. Mais les multiples mesures contraignantes, les obligations et restrictions plus nombreuses par rapport à l’accord précédent, nous alertent.
- Le nombre de salarié.e.s ayant pu télétravailler durant les deux dernières années et qui ne seront plus concerné.e.s par le télétravail : salarié.e.s posté.e.s, salarié.e.s “habituellement” en laboratoire ou travaillant sur réseau sécurisé, etc.
- L’omniprésence du rôle du manager est encore augmentée. Sa capacité de contrôle est accrue et cela ne va pas dans le sens de la responsabilisation et de la confiance des salarié.e.s malgré les 2 dernières années. De plus, on constate un déséquilibre dans les délais de prévenance en cas de changement, plus court pour le manager versus les salarié.e.s. Celui-ci peut, par exemple, demander à tout moment un retour ponctuel sur site, avec un court délai (variable selon les cas).
- Le nombre d'exceptions aux exceptions : si ST prétend vouloir que le présentiel reste la norme afin de favoriser la cohésion et l’innovation, il sera possible pour les salarié.e.s de passer 5 semaines à 4 jours de télétravail par semaine, et une à 5 jours… La CGT porte comme élément fondamental que le télétravail doit être limité à 2 ou 3 jours max afin de préserver le travail collectif et le lien social.
- La création d’un télétravail pour cause exceptionnelle qui permet aux directeurs de site de passer tous les salarié.e.s éligibles en télétravail forcé. On pourrait penser que cela répond à la situation Covid, mais non !!! Cela englobe également une liste non-exhaustive d’évènements, très discutable, allant de pics de pollution à l’exécution de travaux dans l’entreprise.
Or la pression va très vite augmenter, allant du simple remplacement de moquette permettant d’imposer du télétravail non décidé par certains salarié-e-s à des travaux importants et longs qui se profilent sur certains sites (Crolles, Grenoble par exemple). Des reconstructions de bâtiments ou des suppressions d'Algeco qui vont imposer des mises en télétravail non consenti d’un grand nombre, et le tout, dans un contexte d’augmentation des effectifs prévue dans le plan d'embauches…
Le caractère exceptionnel, mais surtout contraint, est donc très contestable et dangereux pour la liberté de choix des salarié.e.s. Doit-on être étonné.e.s ?
La pollution, la météo étaient des possibilités de télétravail exceptionnel dans l’ancien accord mais n’étaient possible qu’à la demande du ou de la salarié.e.
Demain, la direction pourra l’imposer, même contre l’avis d’un.e salarié.e qui viendrait à vélo ou en transport en commun lors d’un pic de pollution. Ce qui nous semble complètement absurde.
- La mise en place d’un Flex-Office qui ne dit pas son nom : si la direction dément une généralisation sur tous les sites, elle précise que certains sites ont besoin de trouver de l’espace et que l’organisation du travail dépend de chaque site. Elle inscrit donc dans l‘accord l’obligation pour les salarié.e.s en télétravail de rendre un bureau neutre et vide de tout objet personnel et d’y apposer une identification comme utilisable par d’autres salarié.e.s présent.e.s.
Rappelons que pour la mise en place du télétravail, l’absence d’accord d’entreprise n’empêche pas sa mise en œuvre et les garanties prévues aux articles L1222-9 à L1222-11 devront s'appliquer.







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